Monday, April 06, 2009

SENEGAL INDEPENDANCE : 49 ans déjà, 49 ans après…


04 avril 1960, 04 avril 2009. Voici 49 ans déjà que mon cher pays vient d’accéder à l’indépendance. Un moment fort dans la vie de cette nation qui commence à vieillir. Mais ses os et ses muscles restent encore solides.

Il y a 49 ans que nous défilons dans tout le pays pour célébrer le courage, la bravoure, la dignité de nos vaillants anciens combattants, hommes politiques, pères et mères qui ont dit « OUI à l’indépendance ».

Mais 49 ans que nous sommes indépendants, qu’est ce qui a changé ? Sommes-nous véritablement indépendants et souverains? Notre éducation, notre économie, notre politique ne sont-elles pas soumises et contrôlées par notre ancien colonisateur ou à défaut par d’autres puissances ou des institutions internationales ?

L’indépendance est un long processus qui a été conduit par des hommes et femmes valeureux qui ont jeté les bases de la société sénégalaise. 49 ans après qu’avons-nous fait et qu’est ce que nous sommes entrain de faire pour consolider ces acquis ? D’ailleurs est ce que nous reconnaissons leurs efforts ? Si oui, est ce que nous les rendons l’honneur qu’ils méritent ?

Il est évident que le colonisateur est toujours présent. Nous l’honorons plus que nous le faisons pour nos vaillants compatriotes qui ont été humiliés, agressés, torturés, tués par ce même colonisateur parce que simplement ils luttaient pour notre prospérité, pour notre Indépendance. Ce colonisateur, nous lui dédions nos rues, boulevards et avenues les plus beaux et les plus célèbres (dans toutes les régions du Sénégal, les plus belles avenues portent les noms de De Gaulles, Faidherbe, etc. Et même la place où nous célébrons notre « indépendance » porte le nom du colonisateur De Gaulles), nos ponts et places publiques (Pont Faidherbe, place Faidherbe à Saint Louis,), nous lui dressons des statuts partout dans le pays pour lui montrer notre reconnaissance et notre gratitude de nous avoir « civilisé » !

Ne faudrait-il pas profiter de ce 4 avril pour faire connaître à la jeunesse nos héros nationaux, nos Symboles, ce qui fait notre identité et notre particularité (par des expositions, des conférences et débats, des panels, etc.)? Ne faudrait-il pas en profiter pour poser les grandes questions sur l’Avenir même du pays comme l’autonomie linguistique (pourquoi ne peut-on pas envisager un projet à long terme visant à faire le wolof, la langue officielle du pays ?), l’autosuffisance alimentaire (en soutenant les producteurs locaux) ?

Une fête de l’Indépendance qui se réduit simplement à un défilé devant un Chef de l’Etat, qui, à la fin fait son discours classique n’apporte rien au citoyen et ne contribue en rien dans sa formation patriotique et son amour pour la Cité. D’où une nécessité de repenser la manière de célébrer la fête de l’Indépendance surtout que nous nous acheminons vers le cinquantenaire de celle-ci.

Tuesday, March 24, 2009

BEING A STUDENT IN SENEGAL, WHAT SHOULD IT BE?


BEING A STUDENT IN SENEGAL, WHAT SHOULD IT BE?

By Amadou Moctar DIALLO*

This question can be considered to be easy or stupid. But it is worth thinking about. Indeed, I was the only Senegalese student who has attended the 10th edition of the International Student Festival in Trondheim- ISFiT (Norway), “the world’s largest student festival with a thematic focus where young, promising leaders of tomorrow meet, build international networks, develop ideas for the future, learn and have fun” from February 20, to march 1, 2009 (See: ISFiT 2009 at www.isfit.org). My participation in such an event provided me with great enriching and inspiring experience. During these 10 days, I discussed, exchanged ideas with more than 450 students from more than 100 countries. They told me about their student life, their student movements and struggles, as well as their projects. From this experience, I asked myself the following question: Being a student in Senegal, what should it be?

In the past, students fought for democracy. We remember the famous students’ demonstrations at the Tienanmen in China in 1989 for freedom of speech and the famous student’s movement in May 1968 around the world seeking social justice. They did it because they were aware of the fact that they had a role to play in society.

In other part of the world, students are making positive changes. They are paying high prices for their actions for democracy, human rights and peace. They experienced oppression and are exposed to torture, discrimination and arrested in non-democratic countries. Because as Williams Betty, the 1976 laureate of the Nobel Peace Prize, noted during her speech in the Student Peace Prize ceremony at the ISFiT “freedom and peace is about hard work.” But their creed is “Involvement at any cost.” That is why these students receive the Student Peace Prize every two year from ISFiT (see: http://www.studentpeaceprize.org/), it is very motivating to see students' involvements in noble causes for social justice. They are committed in community service. In this respect, American students provide the best example. They have big students organizations devoted to community and civil engagement like the organization named Campus Compact (see:http://www.campuscompact.org) and certain universities such as University of Southern Mississippi, University of Eastern Michigan, University of Illinois-Urbana Champaign, and Wofford College in South Carolina, among others, have offices of community service learning and some even have teaching programs for community and civic engagement (Journal USA, November 2005).

As Senegalese students, what are we doing for our society? Are we aware of our role in society? In our country, students are often painted in a bad way in media outlets using examples such as violence, strikes, confrontation with police, to name only a few. Is that what it mean to be student? Are we only able to organize or to cause violence? What should be our mission? What should be our role in the development of our country? How can we be the defenders and protectors of universal values like democracy, human rights, peace, good governance, etc. ? In my view, being a student in Senegal is also to prvide answers to these questions. Because to be a student is not only to take courses and to succeed in your studies and most of time to go on strike for material reasons (food, accommodation, scholarship).

Being a student also means being a social actor, because students must have social responsibilities. I agree with The President of ISFiT 2009, Trygve Thorson, who wrote the following: “As students we are in a unique position to change the world around us. Students are bearers of knowledge, creativity, courage, hope and strength of will. Students of today are the voices of tomorrow.” (see: ISFiT 2009, Voices of Tomorrow. Reflections of Students and Professionals on Peacebuilding, Trondheim, Tapir Akademisk Forlag, 2009)

As Senegalese students, we have all these values, but now the question is are we prepared to enhance these values for the service of our society. That is the question!

Our students’ newspaper Journal Le campus (http://www.lecampus-ugb.info) is uniquely responding to this question through its noble project involving sponsorship of the children (between 0 to 6 who are enrolled at local nurs! ery schools known as “Case des tout petits” by paying these children school fees every month, because their parents do not have the means to do it.

Why not paving the way for action? It is possible.



*Amadou Moctar DIALLO is a 2nd year Political Science Student
at Gaston Berger University of Saint Louis in Senegal
Email: amoctad1@yahoo.fr
Blog: http://www.amoctad.blogspot.com

Thursday, March 12, 2009

EXPOSE : SOCIETE CIVILE ET POUVOIR POLITIQUE EN AFRIQUE










Cette reflexion est un exposé que j'ai présenté le 11 mars 2009 au cours de
PROBLEMES POLITIQUES CONTEMPORAINS avec le Pr. Babally SALL à l'Université Gaston Berger de Saint Louis.


Introduction


La société civile a vu un développement exponentiel dans les démocraties occidentales. Elle fait partie de ces concepts transposés dans les jeunes démocraties africaines où elle est a fait sa grande apparition dans les années 90 période à laquelle, la majorité des paix africains se sont payé « le luxe de la démocratie ». Traditionnellement la société dite civile (vie civile) est opposée à la société politique (vie politique) donc à l’Etat tel que prônait par Hegel en 1821 dans Les principes de la philosophie du droit.
On peut tenter de la définir comme étant l’ensemble des rapports, des interactions (d’ordres divers) et des actions qui se passent dans une société donnée et en dehors de l’Etat. Pour Gramsci considéré comme de la société civile, celle-ci, concerne l’idéologie sous tous ses aspects ainsi que les institutions qui la créent et la diffusent Ainsi, partant de cette définition, la société civile englobe des individus regroupés sous forme de familles, d’associations, de syndicats ou d’organisations non gouvernementales qui ont une certaine autonomie fonctionnelle et budgétaire par rapport au pouvoir politique.
Cependant en Afrique, la société civile comme le montre bien Mamadou Hady DEME1 est dans un état embryonnaire mais n’empêche, elle est entrain de jouer un rôle important dans des différents domaine de la vie sociale.
La société civile ayant pour but de contribuer à améliorer la vie des populations par la promotion de valeurs universelles (la démocratie, les droits de l’homme, la paix,…) et la réduction de tout facteur pouvant entraver le bien être de ces populations (pauvreté, non scolarisation, pandémie,…) ; l’Etat ayant aussi pour vocation de satisfaire ces mêmes attentes, il s’en suit donc entre le pouvoir politique et l’Etat il y’a forcément des interactions. Quelle est la nature de ces rapports ? Y’a une subordination entre la société civile et le pouvoir politique ? La société civile est-elle bien outillée pour faire face au pouvoir politique ?
Pour répondre à ces interrogations, il convient d’abord d’expliquer les facteurs qui ont aidé à faire émerger une société civile africaine (I) avant d’étudier ses rapports avec le pouvoir politique (II).


I-L’émergence d’une société civile africaine à côté du pouvoir politique


A-Une résultante du processus de démocratisation...

La société civile en tant qu’espace d’épanouissement et d’expression des citoyens ne peut rayonner que dans un environnement plus ou moins démocratique. Le continent africain a vu l’émergence de sa société civile –sous sa forme moderne- qu’avec le processus de démocratisation entamée dans les années 90. Ce processus suppose l’ouverture et l’acception de la contradiction et une transparence dans la gestion des affaires publiques. Ainsi, des investigations et des débats contradictoires sur cette gestion sont sans doute un aspect de cette démocratisation. Mais aussi, il garantie la liberté d’association et de manifestation.

En effet, la société civile offre aux citoyens un cadre de participation à la vie de la cité. Avec elle, les affaires de celle-ci ne sont plus discutées simplement dans le cadre des partis politiques ou des institutions étatiques. Ainsi, la démocratie importée a amené avec elle la société civile. Cependant, l’efficacité ou le rayonnement de celle-ci dépend surtout du degré d’éducation et de citoyenneté des populations. Or, nous savons que le continent africain est frappé par un taux d’analphabètes (au sens occidental du terme) très élevé. Ce qui constitue une limite à ses actions. Car la population est censé constituer cette société civile. Donc plus cette population est bien armée intellectuellement, plus on assiste à une société civile puissante capable de faire face à ses défis. Comme le montre bien Mamadou Hady Dème «Point de départ de la participation des citoyens à la vie politique, le mouvement de la société civile constitue le fondement de la démocratie, tandis qu'en Afrique et au Sénégal la gestion du pouvoir politique reste à la seule appréciation des politiques. Les populations à la base sont quant à elles, réduites en simples observatrices de l'activité politique, à la limite passives. Dans ces pays où la société civile est encore embryonnaire, la présence des citoyens sur le champ politique n'est remarquable que durant les périodes électorales »2. Et la présente campagne électorale locale démontre bien cette assertion. En outre, l’émergence de la société civile africaine a été favorisée par la crise de l’Etat africain.

B- ...Et de la crise de l’Etat-nation


La théorie de l’Etat Nation longtemps mis en branle ne laisse aucune place à d’autres acteurs non étatiques. En effet, selon cette théorie, seuls les Etats investis de la souveraineté du peuple ou de la nation ont le droit de représenter ceux-ci et de parler en leur nom. Mais avec la crise de l’Etat-nation, de nouveaux acteurs émergent. Ainsi, l’Etat n’a plus le monopole des décisions et des politiques à l’intérieur de son territoire. C’est pourquoi, aujourd’hui on voit la présence des OSC dans tous les domaines notamment à travers des organisations non gouvernementales. Le Sénégal semble être un terrain de prédilection des ONG. Cependant, la société civile ne se réduit pas aux ONG même si ces dernières se sont appropriées durant exclusivement le terme au cours de cette dernière décennie. Dans la famille de la société civile, nous pouvons y mettre tous les mouvements associatifs, syndicaux, religieux, estudiantins, et selon même la conception gramscienne, les partis politiques d’opposition car étant hors du démembrement de l’Etat et de son appareil, etc.

En effet, la mondialisation qui a atténuée la capacité d’intervention de l’Etat a favorisé l’émergence des organisations de la société civile. De nos jours, beaucoup de bailleurs de fonds contournent les Etats Nations pour coopérer avec les ONG surtout spécialisées dans les domaines qui font l’objet de financement. L’aide au développement qui a connu des changements ces dernières années dans sa façon d’être accordée en est une illustration. Ces pourquoi, on retrouve une multiplicité d’ONG dans le domaine du développement surtout à la base, socle du développement durable tel que prônait par les institutions internationales de Bretton Woods. Cependant cette très grande importance (qui rime avec puissance) accordée à ces acteurs étatique faisant d’eux «les enfants gâtés »3 influence leur rapport avec l’Etat.


II-Les rapports variables entre société civile et pouvoir politique

A-La société civile, un contre pouvoir au pouvoir politique :

Avant de se payer « le luxe de la démocratie », le système politique africain est marqué par le parti unique, synonyme de pensée unique qui « se contrôle » lui-même. Cependant, le processus de démocratisation a favorisé d’autres acteurs qui se sont constitués progressivement comme des contres pouvoir hors du cadre institutionnels. Car les assemblées parlementaires (les partis d’opposition) qui devaient normalement joué ce jeux se trouvent limité par l’organisation du système politique lui-même. Ainsi, les (OSC) joue aujourd’hui un rôle de sentinelle sur beaucoup de questions allant du respect de l’Etat de droit aux questions de développement. D’ailleurs dans l’histoire, les mouvements contestataires ont pris leur source dans les mouvements de la société civile. On peut citer l’exemple de la révolution de mai 68 avec le mouvement estudiantin qui a plongé beaucoup de pays (surtout les jeunes africains qui venait d’accéder à l’indépendance) dans une instabilité politique sans précédente. Dans certain pays comme le Burkina Faso ou le Sénégal, le mouvement étudiant a su étrangler le pouvoir politique. Au Burkina par exemple, l’Association nationale des étudiants burkinabé (ANEB), section nationale de l’Union générale des étudiants burkinabé (UGEB) a organisé au printemps 1997 une grève houleuse que le Pr. Augustin Loada qualifie comme étant « la plus longue grève de l’histoire du mouvement étudiant »4 burkinabé. Cette même situation s’est posée au Sénégal avec les grèves étudiantes de 1988 et de 1993 qui ont conduit respectivement à une année blanche et à une année invalide. Ces tensions souvent teintées de soubresauts politiques sont des moments d’instabilités sociopolitiques que le pouvoir essaye malheureusement de gérer par la répression et la division avec son corollaire, la corruption. D’ailleurs on note une nouveauté dans la société civile selon le Pr. TESSY BAKARY5 avec « des « mouvements aux groupes de soutien » à des candidats aux élections présidentielles. Quelques-unes de ces organisations qui s’inscrivent dans la durée fonctionnent sur le modèle des « Political Action Committees » (PAC) et procèdent à la levée des fonds pour les campagnes électorales et procurent des services à des électeurs (photos et démarches administratives pour l’obtention des cartes d’électeur, par exemple) ».
Ainsi, on voit que cette société dite civile ne se cantonne pas simplement dans la « sphère civile », mais elle s’invite aussi dans le champ politique Cette attitude s’explique bien par la théorie de « Tout est politique », le fameux slogan de mai 68. Cette attitude de la société civile reste cependant très controversée aux yeux de l’opinion. Dans un dossier réalisé par Sud Echos6 intitulé « ONG et Politique : Complémentarité ou symétrie ? » les hommes politiques comme Yaya Mané (1er adjoint du maire de la commune de Ziguinchor) pense qu’ «il faut procéder à une redéfinition des tâches. Car chacun doit rester dans ses compétences » et Mamadou Konté, responsable politique dans le parti au pouvoir renchéri en dénonçant « l’intrusion des ONG dans l’univers politique ». Mais de l’autre côté, cet engagement est vu simplement par un acte citoyen, selon Ibrahima Ka, le coordinateur de l’ONG PACTE souligne avec regret, le fait que « la présence des ONG aux côtés des populations met souvent les autorités dans une situation embarrassantes ». Le Collectif burkinabé « Trop c’est Trop » qui lutte pour le respect des valeurs démocratique et de l’Etat de droit, pose ce débat en ces termes « Les organisations ou associations formelles réputées « apolitiques» sont-elles interdites de politique ou d’activités politiques ? Qu’est ce qui est politique, qu’est-ce qui ne l’est pas ? À supposer que ces activités soient politiques, sont-elles illégitimes ? »7
Ces positions montrent bien les relations entre le/la politique et les ONG et d’une manière générale les OSC qui « empruntent souvent le chemin des clichés » selon Oumar Ba, Directeur Général de l’ONG ASACASE dans le même dossier.

Cependant malgré leurs importantes ressources humaines et financières, qui leur permettent de contrer le pouvoir politique, la société civile souffre de quelques limites face à ce dernier.

B-Le pouvoir politique, une menace pour la société civile :


Malgré la crise de l’Etat-nation, certains pouvoirs restent toujours l’apanage du pouvoir politique. Ainsi, la première limite de la société civile face au pouvoir politique est d’ordre institutionnel. En effet, c’est au pouvoir politique qu’il revienne de reconnaître toute OSC. Quelque soit leur nature, les OSC sont organisées du point de juridique en harmonie avec le droit positif du pays où elles sont crées. Donc il y’a pas un droit supra national qui organise les OSC. Par exemple, Amnesty International malgré son caractère international avec beaucoup de sections dans le monde est régie par le droit anglais où elle a son siège. Cet exemple est valable pour toute autre organisation. Par exemple, au Sénégal, les ONG sous la tutelle du ministère de la Femme. Ce qui signifie donc que ces organisations sont contraints d’exercer leur activités en respectant du droit positif du pays où elles mènent celle-ci. L’actualité nous apprend qu’au Soudan, le Président Béchir a renvoyé beaucoup d’ONG dans la région du Darfour, qui, selon lui « ne respecte pas les lois soudanaises ».
Le pouvoir politique n’hésite pas à user de l’intimidation voire de sévères répressions contre les militants de la société civile ou même d’interdire toute manifestation de celle-ci au nom de l’ordre publique: L’exemple de la Guinée où depuis la prise du pouvoir par le capitaine Dadis Camara, toute manifestation est interdite car selon lui susceptibles de « trouble à l’ordre publique » (une notion au contour flou mais bien aimée par les préfets et sous préfets sénégalais). Cette répression s’étend même au cadre d’expression des organisations de la société civile : la Presse. Au Burkina Faso par exemple, le régime de Blaise Compaoré, allergique aux critiques n’a pas hésité à incendier le quotidien privé L’Observation et l’assassinat du Directeur de Publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo, le 13 décembre 1998 montre à quel point le pouvoir politique est capable de franchir les barrières si il se sent menacé.

En outre, la division et le nombre important des syndicats dans le même domaine, sont une des faiblesses de ceux-ci et réduisent l’ampleur de leur action. Et le pouvoir politique, le plus souvent use de cette division pour mieux les canaliser et les discréditer. Au pays de la Téranga, les syndicalistes et les professionnels politiques sont souvent les mêmes personnes. Ce qui fait que les actions de beaucoup de syndicats sont dictées par des logiques politiques. On a vu même des membres actifs du parti au pouvoir créer leurs propres syndicats surtout dans le domaine de l’éducation, sous prétexte que ce secteur est dominé par des syndicats issus des partis de Gauche actuellement dans l’opposition.

Cependant, malgré ces obstacles la société civile africaine est dans une quête permanente d’indépendance en échappant au pouvoir politique. Cette indépendance est facilitée par la qualité de ses membres et de ses dirigeants issus du milieu intellectuel les plus réputés qui ont un réseau international puissant qui fait qu’ils sont souvent « protégés » au-delà de leurs frontières. En outre, c’est surtout leur autonomie financière par rapport aux Etats qui est le socle de leur indépendance.
Aujourd’hui, la société civile africaine est certes jeune mais dynamique. Elle s’est illustrée dans les luttes pour la démocratie, la paix, les droits de l’homme, les questions de genre, etc. La confiance que leur accorde les bailleurs de fonds et les institutions internationales (par exemple à l’ONU les ONG sont admises au niveau de conseil économique et social comme des observateurs et un service de liaison avec ces ONG est mis sur pieds qui publie chaque année une revue qui informe des activités de ONU avec celles-ci) font d’elles des acteurs avec qui les Etats nations gagneraient plus à entretenir des rapports de collaboration que des rapports conflictuels.

Notes:
1. Mamadou Hady DEME, Du rôle de la société civile pour une consolidation de la démocratie participative au Sénégal, UGB publié dans le site memoireonline.com

2.Mamadou Hady Dème, op.cit.

3.Kalilou SYLLA, « LA SOCIETE CIVILE DANS LES DEMOCRATIES NAISSANTES EN AFRIQUE DE L’OUEST : « ENFANTS GATES » OU ALTERNATIVE A L’ETAT ET AU MARCHE POUR LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT ? CAS DES ONG EN COTE D’IVOIRE » Codesria, West African Region Cotonou, Benin, 6-7 Septermber 2003

4.Augustin Loada, « Réflexions sur la société civile en Afrique : Le Burkina de l’après-Zongo »in Politique africaine n° 76 - décembre 1999, p 138.

5.TESSY BAKARY, « La vie politique en Afrique noire francophone entre pesanteurs et métamorphoses », communication présentée au symposium international de Bamako, tenu du 01 au 03 nov 2000, p 326.

6.Sud Echos « Liberté », Bulletin d’informations du Sud Sénégal, N° 10- 2008, pp 19- 20

7. Augustin Loada, op.cit. p 141.

Séjour en Norvège: Rapport ISFiT 2009























RAPPORT


« Je ne suis pas aussi jeune contrairement à mon apparence. Mais je suis très stimulé par les jeunes que je rencontre à travers le monde. C’est comme si je reçois une injection. Les jeunes me donnent de l’énergie. (…) Quand Dieu regarde les terribles actes que les humains font sur terre, il verse des larmes, mais lorsqu’il se réveille et regarde les étudiants participants à ISFiT, son visage rayonne et ses larmes tarissent » Desmond Tutu à l’ouverture officielle de ISFiT 2009, The Globe Festival Newspaper N°2, 27février au 1 mars 2009. p.4.




PRESENTATION DE ISFIT


La 10ième édition du Festival international des étudiants de Trondheim (The International Student Festival in Trondheim, ISFiT) a eu lieu du 20 Février au 1 Mars 2009 à Trondheim (Norvège). Cet événement est le plus grand festival étudiant à thème dans le monde. Chaque édition accueille des étudiants et des conférenciers venus de partout pour discuter des thèmes relatifs à des problèmes et aspirations sociopolitiques comme les Droits de l’Homme, la Paix, la Démocratie, etc. Cette année, le titre du Festival était « Building the Future » (Bâtir l’Avenir –trad. libre) et le thème choisi, Peacebuilding (la consolidation de la Paix). Cette édition a accueilli 450 étudiants étrangers venus de 150 Etats et répartis en 17 workshops (ateliers) et un Groupe de Dialogue. Chaque atelier essaye de traiter un aspect du thème choisi. Le but de ISFiT c’est de « favoriser la rencontre et les échanges entre les étudiants leaders de demain, afin qu’ils créent un réseau international, développent des idées pour le Futur, apprennent à travers leurs expériences respectives ». (Plus d’informations sur www.isfit.org).
C'est suite à une affiche de la Direction de la Scolarité de notre université (en mai 2008), que j'ai décidé de postuler et de constituer mon dossier que le Professeur Fallou NGOM de Boston University a bien voulu corriger. Ce dossier de candidature comprenait trois parties: 1/ Parcours et motivations; 2/ Choix du workshop et résumé du sujet à présenter; 3/ Demande de prise en charge du voyage (facultative). Selon les organisateurs, 4.311 dossiers ont été reçus. Mais seul 450 étudiants ont été sélectionnés sur la base de "la qualité du dossier, de l’expérience sur les questions de Paix et de l’engagement citoyen envers la communauté». Cependant, ma demande de prise en charge pour le voyage a été rejetée selon ISFiT par "manque de fonds, les fonds prévus ont été mobilisés pour faire venir les étudiants très démunis qui vivent dans les zones toujours en conflit". Mais heureusement, ma famille particulièrement mon oncle maternel Souleymane SALL et mon cousin Amadou Oury DIALLO se sont engagés à m'assurer tous les frais de voyage et de visa parce qu'ils ont estimé que c'est "un bon investissement " de me permettre d'avoir et vivre de telles expériences. Ils avaient bien raison !


BILAN DE ISFIT 2009


Pendant dix jours, les participants ont traité du peacebuilding à travers diverses activités : réflexions théoriques, conférences, séminaires, expositions, concerts, etc. En effet, j’ai été le seul étudiant sénégalais à participer à ISFiT. J’ai été admis dans le workshop 17 intitulé Student Peace Action Movement qui regroupe dix neufs étudiants étrangers et cinq étudiants norvégiens. Dans cet atelier, il s’agit de répondre à un ensemble de questions qu’on pourrait tenter de résumer  en 3 questions principales:

1.Comment les étudiants conçoivent-ils les notions de paix et de peacebuilding ?

2.Quel doit être le rôle des étudiants dans la promotion des valeurs universelles et des droits fondamentaux ?

3.Comment les étudiants peuvent-ils contribuer au développement de leur pays et à l’émergence d’une conscience citoyenne?

Ces questions ont été résolues de plusieurs manières :
D’abord à travers des travaux d’ateliers consacrés à la conceptualisation. A cet effet, ISFiT a publié un livre de 128 pages intitulé: Voices of tomorrow: reflection of students and professionals on peacebuilding. Dans cet ouvrage, les étudiants des zones de conflit (Afghanistan, Serbie, Kosovo, Georgie, Palestine, Israel, Burundi,) exposent leur point de vue sur la situation dans leur pays et proposent des solutions de sortie de crise. Parmi les professionnels qui ont contribué à l’ouvrage, il y a Kjell M. Bondevik (ancien Ministre norvégien des Affaires Etrangères et actuel Directeur du Centre de la Paix et des Droits de l’Homme d’Oslo), Jonas G. Store (actuel Ministre norvégien des Affaires Etrangères), Erik Solheim (Ministre de l’Environnement et du Développement International) le Recteur de l’Université de Trondheim et le Maire de cette ville etc.

Ensuite, à travers les différents exposés des participants. En ce qui me concerne, mon exposé portait sur le thème « Peacebuilding at school: the experience of Mediation Committee at Djignabo high school in Casamance ». Dans cet exposé, j’ai essayé de montrer d’abord la consolidation de la Paix «par le bas», c’est dire à travers des programmes de peacebuilding développés à l’école comme la médiation par les pairs initiée par l’ONG Usoforal de Ziguinchor, ensuite de montrer le rôle des jeunes casamançais dans le processus de Paix et enfin de partager l’expérience du comité de médiation (que j’ai présidé durant toute la durée de mes études secondaires, trois ans) dans la gestion des crises et conflits scolaires. Par ailleurs, la présentation des autres étudiants venus des pays instables où la Démocratie et le respect des Droits de l’Hommes font défaut, (Soudan, Venezuela, Kenya, Chine) était axée sur leur engagement dans la promotion de ces valeurs et leur résistance face à l’oppression. Pour, les étudiants des pays « calmes, stables »¸ (Australie, Costa Rica, Argentine, Tchèque, etc.), ils ont exposé leurs projets sociaux d’amélioration des conditions de vie de leurs condisciples (Banques de prêts étudiants,…) et de solidarité envers les populations des zones de conflit à travers des actions humanitaires, le bénévolat.

Enfin, par des séminaires de formation parmi lesquelles nous pouvons citer, celui dispensé par Indra de Soysa (Professeur en Science Politique à Trondheim) intitulée « Economics of Civil War ». Cette formation nous a permis de déceller les causes des guerres civiles mais aussi leurs impacts sur la vie économique. Le formation a beaucoup insisté sur la phase post conflit avec la réconciliation et la difficile reprise de l'activité économique. Le séminaire dispensée par Tomm Kristiansen (journaliste et auteur norvégien) intitulée « Student Peace Action Movement : how to get more influence ? » nous a permis de connaitre les stratégies et les qualités que nous devons développé pour vulgariser nos actions. Cette formation visait aussi à nous inculquer les qualités de leader (Leadership skills) afin de promouvoir un leadership estudiantin conscient de sa responsabilité dans la construction d'un monde meilleur.

En outre, les conférences animées par des leaders d’opinion de renommés internationales comme Betty Williams « Peacebuilding : everybody’s business » (La consolidation de la Paix : l’affaire de tout le monde), Desmond Tutu « Ubuntu : an African philosophy » ( Ubuntu : une philosophie africaine) et Shirin Ebabi « Empowering women » (Le renforcement des capacités des Femmes) respectivement Prix Nobel de la Paix en 1976, 1984 et 2003 ont permis aux participants de ISFiT de cerner les différents aspects de la notion de peacebuilding mais aussi d’avoir plus d’espoir et de courage pour construire un monde meilleur.

Par ailleurs, comme chaque édition, le Prix Nobel de la Paix Etudiant (Student Peace Prize) a été décerné à l'étudiante Elkouria Rabab Amidane de Sahara Occidental. Ce Prix de 50.000 Kr (environ 5 millions CFA) récompense "des étudiants ou organisations d'étudiants qui font des efforts remarquables dans la promotion de la Paix et des Droits de l'Homme" (The Globe N°1 du 20 au 26 février 2009, p.5). La particularité de cette édition est la rencontre de tous les étudiants lauréats qui ont partagé leurs expériences avec les différents participants. Ils ont fait une communication sur le thème "L'engagement à Tout Prix ?" (Involvement at Any Cost?) au cours de la quelle ils ont évoqué la repression, les persécussions dont ils sont victimes dans leur pays.
Le Global Fiesta a été une occasion de dialogue des cultures. Ainsi, cette fête a été une occasion pour chaque participant de se faire l’ambassadeur de sa culture en portant sa tenue traditionnelle mais aussi en expliquant les différents aspects de cette culture. Ainsi, elle fut une manière de magnifier la différence culturelle transformée en source de Paix et de dialogue. Par ailleurs la journée de ski du 24 février a permis à plusieurs participants de pratiquer pour la première fois, ce sport favori des norvégiens !

ISFiT a été donc un véritable « rendez-vous du donner et du recevoir » (Senghor). Ainsi des perspectives intéressantes ont été dégagées.



PERSPECTIVES DE ISFiT 2009


A la fin de ISFiT 2009, les différents participants ont dégagé des perspectives à plusieurs niveaux :
D’abord au sein de mon workshop, le 17. Nous avons initiés deux projets majeurs :

1Un projet de Formation et de Sensibilisation sur la Paix, la Démocratie et les Droits de l’Homme.
2Un projet d’Aide et de Solidarité aux jeunes vivant dans les zones de conflit avec comme priorité le Darfour.

Ensuite, l’ensemble des workshops a mis en œuvre un projet :

Le Dialogue Network, c’est un espace virtuel d’échange d’expériences sur la gestion des conflits, le leadership. Il permet aux anciens participants d’ISFiT de poster leurs projets personnels ou collectifs et de bénéficier de l’appui et du soutien des autres membres du réseau le cas échéant. Il vise aussi à connecter tous les participants des différentes éditions de ISFiT et de créer un réseau de jeunes leaders puissants (lobby) capable d’influencer les décideurs internationaux. (Visiter : www.dialoguenetwork.org)

Enfin personnellement : j’ai initié avec mes collaborateurs du Journal Le Campus de l’UGB (où j’occupe le poste de Rédacteur en Chef de son site Internet : www.lecampus-ugb.info):

Le projet intitulé « Action-Etudiant pour la Petite Enfance » (qui porte aussi le nom de l’association crée à cet effet). Ce projet est né du constat que beaucoup d’enfants ne terminent pas leur cursus au sein de la Case des Tout Petits de Ndiawdoune parce que simplement leurs parents ne parviennent pas à s’acquitter des droits d’inscriptions fixés à 1.500 F le mois d’après la monitrice. Ainsi, étant attachés à ce droit fondamental qui est l’Education, nous avons décidé de s’organiser en tant qu’étudiants et de payer ces droits d’inscriptions aux enfants les plus démunis. En outre, ce projet intègre aussi l’équipement des locaux de la Case, le renforcement des activités pédagogiques et récréatives des Tout-petits, et un encadrement et un suivi dans leur parcours scolaire. (Cf.: Article 2 du statut de l’Association).
Cette association est ouverte à toute personne intéressée et sensible à la cause de l’Enfance et du bénévolat.
Mon défi actuel est de contribuer activement à la réalisation des projets cités ci-dessus mais aussi de participer à la 5ième édition du Congrès Mondial des Jeunes (5th World Youth Congress www.turkiye2010.org) qui va se tenir à Istanbul, la capitale culturelle européenne en 2010 (Türkiye) du 31 juillet au 13 août 2010. Cet événement va accueillir 1.000 jeunes (pas seulement des étudiants) selon les organisateurs. Il est placé sous le thème Youth and Development (Jeunesse et Développement)
La prochaine édition de ISFiT aura lieu en 2011. Elle sera placée sous le thème de La Santé pour tous. Nous souhaitons cette fois-ci la participation d’un nombre important d’étudiants sénégalais particulièrement ceux de notre Institution.

Je remercie :


Mon oncle maternel Souleymane SALL et toute ma famille à Ziguinchor ;
Mon cousin Amadou Oury DIALLO et Mme Célia Kalonji à Dakar ;
Le Professeur Fallou NGOM à Boston (Massachusetts, USA) ;
L’UFR des Sciences Juridiques et Politiques, le Rectorat et le CROUS de l’UGB ;
Mon hôte Mme Eva HOV et ses enfants à Trondheim ;
Mes amis et hôtes Anders TOREIM et Abdou MAR à Oslo ;
Tous les participants de ISFiT 2009 particulièrement ceux du workshop 17 ;
Toutes les personnes et Organisations qui, de près ou de loin, ont contribué à ma formation.

AMPLIATION :

Monsieur le Recteur
Monsieur le Directeur de l’UFR Sciences Juridiques et Politiques
Monsieur le Directeur du CROUS
Monsieur le Chef de la section de Science Politique
Monsieur le Président de ISFiT 2009
MM. Souleymane SALL, Amadou Oury DIALLO et Fallou NGOM

Monday, January 26, 2009

UNIVERSITE GASTON BERGER DIT HALTE A LA VIOLENCE A GAZA





Ce dimanche 18 janvier, les étudiants de l'UGB ont protesté contre les violences à Gaza, en Palestine

Monday, January 12, 2009

VIOLENCE INTERNATIONALE QUAND LES GRANDS SONT CEUX QUI SEMENT LA TERREUR !

"En cette fin du XXe siècle, le "monde civilisé" d'aujourd’hui
semble découvrir les vertus du pardon, de la repentance.
Cela augure t-il d'un XXIe moins barbare et plus fraternel
pour tous les hommes de notre planète?"
Tidiane Diakité, Appel à la Jeunesse africaine, L'Harmattan, 2001, p. 32


C'est par cette question que cet auteur à travers son personnage Sélim se posait juste à l'aube du XXIe siècle. Le XXe siècle étant marqué par le barbarisme, le racisme, le nazisme, la fascisme, les deux guerre mondiales provoquées par les occidentaux qui ont ébranlée la conscience humaine, ... l'humanité dés le milieu du siècle à juger nécessaire de mettre un point à tout cela; en créant des institutions politiques, économiques, judiciaires internationales ayant comme objectif de pacifier le monde et de favoriser l'épanouissement de l'Homme sur terre. On parla ainsi de droit de l'homme, de sécurité de la personne humaine...et même certains commence à parler de droit des animaux.

Cependant toute cette volonté de vivre dans un monde humain est entrain de remis en cause par des superpuissances avec leur dérives face à une communauté internationale impuissante.


LES DERIVES DES GRANDS...

Depuis l'effondrement de l'URSS qui a mis fin à la bipolarisation du monde, les Etats Unis sont les seuls maîtres du monde. Depuis lors, la stabilité internationale (qui repose selon les théoriciens réalistes des Relations Internationales sur l'équilibre des forces car toute tentation de recourir à la violence est désamorcée par la menace crédible d'une contre violence) est menacée.
La Nation la plus puissante au monde est celle aussi qui violence le plus le droit internationale. Les États-Unis malgré leur attachement à la démocratie, à la liberté qu'ils accordent à leur citoyens (ce point même est problématique si on lit l'édito du New York Times du 03 novembre intitulé « So little time, so much damage ») sont ceux aussi qui n'hésitent pas de priver des peuples leur liberté et les envahissant avec parfois des arguments fallacieux. L'invasion américaine en Irak montre à quel point les Etas Unis et leur président Bush sont décidés à défendre des intérêts obscurs non avoués au dépens du Droit et de la dignité humaine. Cette guerre a mis l'Irak en ruine, tuée des milliers de vie civiles et militaires confondues, déplacer et disloquer beaucoup de familles. A l'Irak, s'ajoute l'Afghanistan où ils continuent de semer la terreur au nom de la lutte contre le "terrorisme", l'"islamisme" dont ils ont conceptualisés à leur manière.

Comme en bon allié, Israël mène aussi de son côté sa politique de massacre du peuple palestinien. Ce qui est étonnant c'est ce peuple juif, hier victime de la barbarie nazie, qui est entrain de faire des actes barbares à l'endroit de son voisin arabe. Il pleut du feu, il souffle du feu sur la bande de Gaza, "ce territoire exigu de 362 km2, situé en bordure de la Méditerranée, [où] s’entassent 1,5 million de Palestiniens, soit l’une des densités les plus fortes au monde" (Institut Européen de Recherche sur la Coopération Méditerranéenne et Euro-Arabe/ Nettali.com) en ont déjà fait plus de 900 victimes ce 11 janvier. Pire, la majorité de ces victimes sont des enfants et des femmes! Et le gouvernement d'Israël maintient toujours sa position de continuer ses agissements certainement tant il restera une vie sur Gaza. Ses soldats n'ont même pas permis les organisations humanitaires de distribuer des vivres aux gazaouites conformément à la convention de Genève. Ces bombardement nous rappelle exactement ceux que les Etats-Unis avaient lancé sur Hiroshima et Nagasaki (au Japon) le 6 et 9 août 1945

Entre Israël et les Etats les proverbes "tel père, tel fils" et "ceux qui rassemblent s'assemblent" semblent bien se vérifier. Mais où est la communauté internationale dans tout ça?


...FACE A UNE COMMINAUTE INTERNATIONALE FAIBLE

Quand on parle de communauté internationale, on pense naturellement aux institutions internationales ou régionales. Le trait commun entre Israël et les Etats Unis c'est que ils s'en foutent de ce que pensent ces institutions. Ils sont obsédés par la poursuite effrénée de leur passion irraisonnable. Le désaccord de l'ONU à l'invasion de l'Irak n'a empêché Bush de faire son besogne. Israël n'a été nullement été ébranlé par les multiples sanctions du conseil de sécurité de cette institution qui sont empêché par le droit de véto du "père" américain (65 résolutions de l’ONU votées contre Israël) . Ces deux Etats sont tous puissants militairement et surtout diplomatiquement. Ce qui fait qu'aucun autre Etat ou organisation régionale n'ose entrer en contradiction avec eux par souci d'exister sur la scène internationale et de bénéficier de leur appui. La France c'est certes opposée à la guerre en Irak mais avec beaucoup d'ambiguïté. Aujourd'hui l'Etat hébreu est entrain de bombarder un Etat arabe, mais la position des membres de l'Organisation de la Conférence Islamique (qui on peut dire est crée contre Israël et pour la défense de l'intérêt du peuple Palestine) reste très modérée. L'Egypte a préféré sauvegardé ses intérêts avec Israël et les Etas Unis à défendre ou d'aider les palestinienne au moins en ouvrant ses frontière pour permettre l'accès des vivres et médicaments destinés aux victimes. Cette position égyptienne est en contradiction avec le rôle historique qu'il a joué depuis les affrontements entre les pays arabes et Israël de 1948.

Paradoxalement au même moment où les Etats Unis enferment et massacrent de nombreuses personnes en Irak, Afghanistan, Guantanamo et Israël en Palestine, la communauté internationale traduit des sois disant "dictateurs" africains (bien sûr) devant le Tribunal ou la Cour Pénal Internationales pour "génocide, violation de droits de l'homme". Béchir, Taylor, Habré, Mugabe ne sont plus mauvais que Bush, Sharon ou encore Olmert. Leur seule faiblesse c'est de ne pas être à la tête de pays puissants politiquement, économiquement et militairement. Qui aujourd'hui oserait lancer un arrêt international contre Bush, Sharon ou Olmert à l'image de celui dirigé contre Béchir? C'est cela le paradoxe des relations internationales: quand les grands violent le droit international personne ne dit rien, quand c'est les petits la cravache du procureur du CPI est là pour régler leur compte.

Pour un monde de paix et de justice, les superpuissances doivent eux mieux épouser ces valeurs dans leur rapport avec les autres Etats car comme le dit un proverbe, les escaliers se balayent du haut vers le bas. Seule cette attitude peut nous permettre de répondre positivement à l'interrogation de notre Professeur Tidiane Diakité.

Wednesday, November 19, 2008

SECURITE DE LA PERSONNE HUMAINE EN AFRIQUE : CONCEPTIONS DE LA JEUNESSE.

AVERTISSEMENT

Ce sujet était le thème du concours africain de dissertation organisé par la bibliothèque Président Obasaju au Nigéria en 2008. Malheureusement, je n’ai eu pas la chance de le soumettre. J'avais terminé de le rédiger mais j'ai essayé de l'envoyer le jour de la date limite mais l'adresse email à la quelle je devais l'envoyer ne fonctionnais pas: peut être il a été supprimé le jour même de la date limite. Ce m'a beaucoup choqué vu l'effort et le temps que j'ai déployé pour faire ce travail. Pour le partager avec les autres, j'ai décidé de le partager en le publiant.




ABSTRACT :

La sécurité de la personne humaine peut être analysée à travers d'une part, sa sécurité physique (la protection de l'individu contre tout ce qui peut porter atteinte à son intégrité physique) et, d'autre part, à travers sa sécurité matérielle (mettre l'individu dans des conditions qui le permet de vivre dignement).
Ainsi sa garantie peut participer à l'émergence et au rayonnement du continent africain. Cependant, la sécurité humaine n' y est pas effectivement garantie. L'Afrique est frappée par des fléaux et des comportement qui mettent en danger cette sécurité..
Des mécanismes visant une meilleure protection de la sécurité humaine sont donc nécessaires.


Introduction


« Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne ». Cette première phrase de l'article 6 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples entrée en vigueur depuis 1986, montre la volonté des Etats de mettre l'accent sur l'individu. En tant qu'être humain, la personne a des droits fondamentaux qui doivent être respectés et protégés. Parmi ces droits, sa sécurité apparaît comme primordiale.
Traditionnellement, la notion de « sécurité » était assimilée à celle de « défense », donc axée sur l'Etat en terme de protection contre toute menace extérieure. La notion de « sécurité humaine » est nouvelle. Son apparition coïncide avec la fin de la guerre froide, la prise en compte de l'individu par le droit international et l'apparition de nouvelles menaces communes à l'Humanité. Ainsi on est passé d'une notion de « sécurité » axée sur l'Etat à celle qui met en avant l'individu, comme en témoigne le rapport du Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD) publié en 1994, en marge de la préparation du cinquantième anniversaire de l'Organisation des Nations Unies (ONU).
Cependant la définition de la notion et son champ d'application ne font pas l'objet d'unanimité au sein des différents acteurs. Tantôt elle est confondue à la notion de « développement humain ». Tantôt elle est élargie à tous les domaines, ce qui peut lui ôter son sens. D'ailleurs le travail de définition avait été demandé par les Chefs d'Etat et de Gouvernement lors du sommet mondial de l'ONU en 2005. Et il a fait l'objet de débat pour la première fois lors de l'Assemblée générale de l'ONU du 22 mai 2008. Mais le débat reste toujours ouvert. Ainsi, nous pouvons tenter de définir cette notion comme étant la réponse à un ensemble de facteurs qui constitue une menace pour l'individu.
Donc l'étude de ce sujet est d'une importance capitale. Sur le plan théorique, elle nous permet de poser le débat sur le concept de « sécurité de la personne humaine » appliqué à un cadre géographique bien déterminé (l'Afrique). Sur le plan pratique, elle permet à la jeunesse africaine de contribuer à une meilleure élaboration des politiques de protection de la sécurité humaine. Car depuis le sommet de Syrte (Libye) de 2000, l'Union Africaine (UA) a pris en compte la sécurité humaine dans sa politique africaine de sécurité.
Ainsi on peut se demander quelles conceptions la jeunesse doit elle avoir de la sécurité de la personne humaine en Afrique pour le développement du continent?
Pour répondre à cette interrogation, il convient de voir d'une part, que la sécurité de la personne humaine en Afrique exige une conception large (I) et d'autre part, que sa protection est un moyen indispensable pour le développement du continent (II).


I- La sécurité de la personne humaine, un concept au contenu large :


Lors du lancement solennel du Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA qui a eu lieu le 25 mai 2004, à Addis Abéba (Ethiopie), les Chefs d'Etats et de gouvernement ont adopté une déclaration dans laquelle ils reconnaissent que « les fondements de la paix et de la sécurité en Afrique sont intimement liés au concept de sécurité humaine ». Et réaffirment leur « engagement à promouvoir une vision globale de la sécurité humaine ». Ainsi les différents éléments de la sécurité humaine sont nombreux. Cependant, on peux essayer de les regrouper en étudiant d'une part la sécurité physique des individus (A). Et d'autre part leur sécurité matérielle(B).


A- La sécurité physique des personnes :

L'Afrique est le continent le plus ravagé par les conflits. En effet, les guerres constituent une menace évidente pour la sécurité de la personne humaine. Car elles riment toujours avec la violence. Or, le concept de sécurité humaine met en avant la sécurité individuelle par la protection et la promotion de la vie des personnes. Et, « ces dernières décennies, la proportion des victimes civiles des conflits armés a augmenté de façon spectaculaire; elle dépasserait à présent les 90 % » selon le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF)1. En Afrique, les conflits ne sont pas encore entrés dans le passé. Jusqu'à présent, nous avons la présence de guerres civiles comme celle du Darfour (Province ouest du Soudan) où on a dénombré plus de deux cent milles morts civils selon un dossier réalisé par le journal français, L'Express2 intitulé « Darfour : Le malheur au long cours ». Ces guerres avec leurs conséquences désastreuses (abus sexuels, exploitations des enfants, etc.) constituent autant d'obstacles et de menaces pour la sécurité des individus surtout celle des jeunes et des femmes.
En outre, les conflits favorisent la pose de mines antipersonnel qui continuent de représenter des menaces, même après le conflit. Ces mines provoquent des blessures graves notamment l'amputation d'un ou de plusieurs membres du corps humain. Beaucoup de personnes en sont restées des handicapés à vie. Ce qui constitue un obstacle pour la reconstruction post conflit. Cela dit, depuis l'adoption du Plan d'action de Kempton Park (Afrique du Sud), l'UA s'active de plus en plus dans l'élimination des mines terrestres antipersonnel afin de faire du continent, « une zone exempte de mines antipersonnel »3

Le continent africain est aussi menacé par la prolifération des armes qui favorisent l'entretien et l'alimentation des conflits. Leur circulation illicite et leur vente à des coûts bas ou parfois leur échange contre des minéraux et autres produits ne contribuent point à assurer la sécurité de la personne humaine. D'où la portée du projet quinquennal de contrôle des armes légères (ECOSAP), lancé en juin 2006 par la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), avec l'appui du PNUD.

A un autre niveau, la sécurité physique des individus englobe aussi leur sécurité sanitaire. Celle-ci se définie comme un ensemble de procédures destiné à prévenir ou à contrôler les risques susceptibles d'altérer la santé individuelle ou collective. Cette sécurité est en effet menacée par les changements climatiques et la pollution dont l'Afrique n'est pas à l'abri. A côtés du paludisme qui est la principale cause de mortalité chez les moins de cinq ans en Afrique (20%) selon Roll Back Malaria, il y a le virus du Sida qui menace surtout la jeunesse, poumon du développement. Déjà en janvier 2000, le Conseil de sécurité de l'ONU avait indiqué que ce fléau tue en Afrique dix fois plus de personnes que la guerre. Et selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), ce virus est en train de devenir le problème de sécurité numéro un pour les populations de l'Afrique subsaharienne. D'ailleurs, c'était la première fois que le Conseil de sécurité se réunissait pour débattre d'un problème de santé publique dans la perspective de la sécurité humaine. Ce qui donne au concept de « sécurité de la personne humaine » un nouveau contenu.

Ainsi, les individus doivent être protégés non seulement contre la guerre mais aussi contre tout ce qui peut constituer une menace pour leur vie en compromettant leur épanouissement. D'où la nécessité d'une sécurité matérielle.

B- La sécurité matérielle des personnes :
Si le concept de « sécurité de la personne humaine » met en avant la sécurité individuelle, il ne saurait exclure leur sécurité matérielle. Celle-ci peut être entendue comme étant un ensemble de mécanismes visant à assurer une meilleure condition de vie aux individus.
Ainsi, la sécurité matérielle englobe la sécurité économique. Elle passe tout d'abord par la possibilité pour les citoyens de trouver un emploi rémunéré qui leur permet de vivre dignement. Juridiquement le droit au travail est assuré par l'article 15 de la Charte Africain des Droits de l'Homme et des Peuples qui dispose que : « Toute personne a le droit de travailler dans des conditions équitables et satisfaisantes et de percevoir un salaire égal pour un travail égal ». Mais dans la pratique, le continent africain est loin de garantir ce droit. Car, l'Afrique détient un taux de chômage très élevé surtout dans la classe des jeunes (21 % des 15-24 ans, selon le Bureau International du Travail, BIT). Dans un article intitulé « OIT : l'incertitude économique pourrait entraîner 5 millions de chômeurs supplémentaires en 2008 », publié par le Centre d'actualité de l'ONU, le 24 janvier 2008 il y ressort que L'Afrique du Nord, détient l'un des taux de chômage les plus élevés (10,9%) derrière le Moyen Orient (11,9%). Quant à l'Afrique subsaharienne, elle « compte la plus forte proportion de travailleurs pauvres. Le BIT indique que plus de 8 travailleurs sur 10 y vivent en dessous du niveau de 2 dollars par jour ». Ce qui constitue sans doute, une menace pour la stabilité et la sécurité du continent. Car ces jeunes sans emplois souvent révoltés ou frustrés peuvent s'organiser en milices, en bandes criminelle ou même se lancer dans le trafic de drogue. D'ailleurs ce chômage des jeunes a été qualifié comme étant « une bombe à retardement » lors du sommet France/Afrique de Bamako en 2005. Il explique en grande partie l'émigration clandestine des jeunes vers l'Europe dans des conditions suicidaires. Ainsi le concept de sécurité humaine s'étend aussi au phénomène de l'émigration.

Par ailleurs, la sécurité économique a son corollaire qui est la sécurité alimentaire. Cette dernière, veut que les individus puissent se nourrir de manière suffisante et saine pour une croissance normale. Cela n'est possible que quand les pays approvisionnent suffisamment le marché en nourriture. Or, la majorité des pays africains n'ont pas atteint l'autosuffisance alimentaire. Ils sont dans une situation de dépendance vis-à-vis de l'Extérieur. C'est pourquoi avec la crise alimentaire mondiale, on assiste à une hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité qui ne facilite pas leur accès par les plus démunis. Ce qui constitue une vraie menace pour la sécurité humaine. D'ailleurs cette situation a causé les émeutes de la faim d'avril 2008, dans plusieurs capitales africaines (Dakar, Abidjan, Mogadiscio, Ouagadougou, etc.) où des manifestants ont été tués.
En somme, la notion de « sécurité de la personne humaine » est axée sur l'individu qui a fait son apparition progressive au plan international surtout dans le domaine des droits de l'Homme. Ses différentes composantes sont étroitement liées.

L'Afrique, berceau de l'humanité ne saurait ignorer la sécurité de la personne humaine pour son développement.



II- La sécurité de la personne, un aspect indispensable pour le développement du contient africain :

La notion de « sécurité de la personne humaine » a pris une importance considérable dans les relations internationales. Pour le Japon par exemple, la sécurité humaine est l'un des concepts phares de la coopération internationale. L'empire du Soleil Levant a fait de la sécurité humaine un domaine prioritaire de la Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l'Afrique (TICAD). Ce qui signifie que la sécurité humaine a des implications sur le développement (A). Ainsi, il est important pour le continent africain de mettre en œuvre des politiques pour mieux la garantir (B).

A- Le lien entre la sécurité de la personne humaine et le développement:
Le développement n'est pas seulement l'abondance des richesses, mais tout un ensemble d'aspects qui favorise une meilleure condition de vie des populations. En effet le développement d'un pays dépend toujours des conditions de vie de ses citoyens. Quand on parle de condition de vie, on pense surtout au pouvoir d'achat, à l'accès aux services publics et aux infrastructures de base sans oublier la liberté. Et la notion de « sécurité de la personne humaine » intègre ces différents aspects de la vie des personnes qui contribuent à favoriser le développement humain et son épanouissement. Voilà pourquoi le concept de « sécurité humaine » a été considéré par certains comme étant l'équivalent du concept « développement humain ». Mais au-delà de ce développement humain, la sécurité humaine est un aspect essentiel pour le développement d'un Etat. C'est pourquoi, la pauvreté est considérée comme un facteur bloquant pour l'émergence de la sécurité humaine. Parmi les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement, (réduire l'extrême pauvreté et la faim ; assurer l'éducation primaire pour tous ; promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé maternelle ; combattre le VIH/Sida, le paludisme et d'autres maladies ; assurer un environnement durable ; mettre en place un partenariat mondial pour le développement) que les Etats membres de l'ONU sont convenus d'atteindre d'ici 2015, la plupart d'entre eux se rapporte directement à notre conception de la sécurité de la personne humaine qui est d'ailleurs un moyen incontournable pour les atteindre. En effet, il n'est plus à démontrer que les conflits armés ont un effet négatif sur la vie économique (voire sociale et culturelle). C'est ce qui explique le fait que les pays qui ont une bonne santé économique sont ceux où il y'a une certaine instabilité sociopolitique. Et parallèlement, les pays sous-développés sont ceux dont la population vit dans des conditions d'insécurité extrême. Or, le développement postule une élévation du niveau de vie et de culture des populations. Même si les pays développés sont aussi confrontés à des problèmes qui menacent la sécurité de la personne humaine (les problèmes environnementaux par exemple), les pays sous développés demeurent les plus menacés.
Ce constat justifie l'intégration du concept de la sécurité humaine par les pays développés dans leur politique d'aide au développement et de coopération avec les pays sous développés. Les projets « l'Initiative du Village Africain » (IVA), « Villages du Millénaire », développés par le gouvernement japonais au profit de l'Afrique en sont une illustration. Et les organisations internationales lui accordent de plus en plus une place importante. Au niveau de l'ONU, il y a le Fonds d'affectation spécial pour la sécurité humaine lancé en mars 1999 chargé de financer des activités relatives à la protection de la sécurité humaine. L'UA a lancé le Conseil de Paix et de Sécurité en 2004 qui a intégré la sécurité humaine en bonne place dans ses actions. Ainsi le Conseil serait plus efficace à gérer les problèmes liés à la sécurité humaine que les Etats. Car la mondialisation a accentué les risques de propagation des conflits régionaux, et des maladies infectieuses au-delà des frontières étatiques.
Donc, pour un développement durable du continent, une plus grande autonomisation des individus et des communautés locales est nécessaire. Celle-ci passe par la formation des populations à des activités génératrice de revenus. Ce qui va favoriser une croissance durable, une réduction de la pauvreté et une promotion de la paix.
Puisque donc la sécurité de la personne humaine est un aspect important pour le développement du continent, il est important que chaque enfant du continent surtout les jeunes de donner des propositions pour sa meilleure garantie.

B- Mécanismes de garantie de la sécurité humaine :
L'Etat est l'organe investi du droit de garantir la sécurité des personnes évoluant sur son territoire. Donc, pour une meilleure garantie de la sécurité humaine, il constitue un acteur incontournable. Ainsi, les Etats doivent avant tout promouvoir la primauté et le respect du Droit. Cela signifie qu'ils s'engagent dans la voie de la démocratie avec l'organisation d'élections libres et transparentes et du respect des droits et des libertés fondamentaux. Toutefois, il convient d'aller au-delà de cette « démocratie politique » pour promouvoir la « démocratie sociale » par l'institutionnalisation de la justice sociale dans les contrats fondateurs entre Etats et sociétés. Besoin en est aussi dans toutes les sphères de la vie sociale (universités, administrations, marché, entreprises, parti politiques, associations, etc.).
Il est à cet égard important de renforcer les normes juridiques visant à protéger les individus mais surtout durcir les sanctions de leur violation. Ce qui exige un bon fonctionnement de la justice : une justice indépendante, protectrice des droits et les libertés du citoyen. Et ces normes doivent être appliquées à tous les acteurs pour une meilleure efficacité. Par exemple, le viol et les abus sexuels dont sont victimes les mineurs et les enfants prospèrent à cause de la mollesse des sanctions qui ne sont pas souvent appliquées quand des responsables ou politiques ou religieux y sont impliqués.
Puisque la sécurité des individus est souvent plus menacée en temps de guerre, il est nécessaire que les Etats et les acteurs de la vie internationale mettent en place des mesures humanitaires (aide et assistance) visant à atténuer la souffrance des victimes et des réfugiés de guerre surtout les plus vulnérables (les femmes, les enfants, les personnes âgées, et les handicapés). Et, après le conflit – c'est-à-dire, la phase post conflit- la reconstruction doit être entamée. Celle-ci passe par la création d'infrastructures de base permettant aux populations d'accéder aux services publics. Elle exige pour sa pérennité, une réintégration socioprofessionnelle des combattants qui leur permettra d'être à l'abri de l'insécurité économique et de l'exclusion sociale. En outre, une opération de déminage et de désarmement est nécessaire pour assurer la sécurité des personnes. La mauvaise gestion de cette phase entraîne souvent le retour au conflit initial. C'est ici le lieu de lier sécurité humaine et sécurité collective car la gestion post-conflit a souvent souffert du manque d'engagement des acteurs internationaux, donateurs et institutions spécialisées de la sécurité collective. Les expériences de la Somalie (1993) et du Rwanda (1994) ont vu des donateurs se retirer très vite ou ne pas tenir leurs promesses de soutien à la consolidation de la paix post-conflit.

Cependant comme le dit l'adage, « mieux vaut prévenir que guérir », ainsi les Etats africains au sein de l'UA doivent surtout mener une politique de prévention des conflits. Et s'attaquer aux sources même de l'insécurité des personnes. Un diagnostic et une lutte contre les facteurs pouvant alimenter les conflits (la pauvreté, l'exploitation des richesses du peuple à son détriment...) sont alors nécessaires. Ce qui implique des actions de développement durable qui doivent associer tous les acteurs surtout les femmes et les jeunes. Ces derniers doivent aussi être représentés dans toutes les instances de décision et de négociation. A ce niveau, le rôle de la société civile se révèle être capital d'autant plus qu'elle a déjà fait ses preuves en plusieurs occasions dans la résolution des conflits. L'exemple du Réseau des Femmes du Fleuve MANO pour la Paix (qui ont beaucoup contribué à la promotion de la paix et du développement dans cette zone) en est une parfaite illustration

Cette prévention des conflits doit également passer par une formation citoyenne des populations, surtout les jeunes. Ainsi des programmes de paix axés sur la gestion non violente des conflits et intégrant le concept de la sécurité humaine doivent être enseignés dans les établissements secondaires et dans les universités. Ces programmes vont permettre aux élèves et étudiants de pratiquer la médiation par les pairs (connue dans les pays de l'Amérique du Nord sous le nom de « peer mediation » ou « peacebuilding ») mais aussi de susciter en eux un amour pour la paix, la citoyenneté, la démocratie et les droits de l'Homme.

Cette notion de « sécurité » ayant traditionnellement une coloration militaire, malgré donc son évolution, elle ne saurait ignorer l'armée : une transformation du secteur militaire est souhaitable. L'armée ne doit pas être simplement un instrument de force visant à protéger l'Etat ou à faire la guerre. Elle doit aussi être un instrument au service des populations en s'investissant dans des actions humanitaires et citoyennes. Le concept « armée- nation » développé au Sénégal depuis trois ans avec la création de corps paramilitaires – les volontaires civils de l'environnement et de la paix – est à ce titre un exemple à méditer pour sa meilleure application dans le continent africain et à d'autres secteurs.

Par ailleurs, dans les domaines sanitaire et environnemental, une politique concertée entre les différents pays de l'UA est indispensable. Celle-ci doit inscrire des actions de prévention et de lutte contre les épidémies et les problèmes d'environnement et les adapter aux réalités et pratiques socioculturelles de chaque pays. Ce qui implique une approche multidimensionnelle dans l'information et la sensibilisation, permettant de mieux relever les défis sanitaires et environnementaux devenus de plus en plus nombreux.

En somme, pour une meilleure garantie de la sécurité de la personne humaine, les Etats doivent mener une politique concertée pour plus d'efficacité et harmoniser leurs positions sur les grands problèmes qui constituent une menace pour cette sécurité.

Conclusion
La sécurité de la personne humaine est de nos jours, un élément qui suscite beaucoup d'intérêts au sein de la communauté internationale et des chercheurs. Certes ils n'ont pas une même perception de la notion mais ils s'accordent sur la nécessité de l'axer sur l'individu. Ce « désaccord » dans les acceptions est même rassurante en ce sens qu'il permet l'adaptation de ce mouvement conceptuel et idéologique global aux réalités spécifiques de chaque pays. D'ailleurs, il convient de signaler que la sécurité de la personne humaine est un défi pour tous les pays malgré leur niveau de développement inégal et leurs différences culturelles. Elle atteint ainsi une dimension universelle. Donc sa protection ne saurait être assurée efficacement par les Etats seulement. D'où une collaboration entre ces derniers regroupés dans le cadre des organisation internationales (UA, ONU,..), les acteurs locaux et les Organisation non gouvernementales (ONG) est nécessaire. En outre, les jeunes doivent s'impliquer. Ils doivent tout d'abord s'approprier le concept et s'engager fermement dans sa protection en étant de fervents défenseurs des droits et libertés fondamentaux. Seul cet engagement de la jeunesse peut permettre de « promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le contient » comme le souhaite bien l'UA à travers l'article 3 de son Acte Constitutif.
La protection de la sécurité de la personne apparaît donc, comme une passerelle pour le développement durable et le rayonnement du continent africain. N'est–il pas d'ailleurs un excellent moyen d'intégration entre les pays africains facilitant ainsi la réalisation des «Etats-Unis d'Afrique » tant rêvés par Kwame Nkrumah, le père du panafricanisme ?

Friday, November 14, 2008

UGB: VA-T-ON VERS UNE UCAD SAINT LOUISIENNE ?


Au Sénégal, étudier à l’Université Gaston Berger (UGB) n’est pas simplement une question de choix, mais c’est plus une question d’Excellence. « N’y vient pas qui veut » a-t-on l’habitude de dire. Cela se justifie par le fait cette jeune université qui va célébrer bientôt ses vingt ans (en 2010) «  n’es pas une université de formation de masse mais plutôt d’élites » selon son actuel Recteur, le Pr. Mary Teuw NIANE en marge de la présentation de son projet aux étudiants. Cette idée est expressément énoncée dans le texte portant organisation de l’UGB qui «  s’est résolument inscrite dans l’excellence en choisissant la sélection comme mode principal d’accès ». Ce qui fait qu’elle ne prenne qu’un nombre d’étudiants assez raisonnable qui sera « bien logé, bien nourri et bien formé ». D’ailleurs même dans la rue, quand vous dites que vous êtes étudiant à l’UGB, votre interlocuteur qui parfois n’a même pas fait les bancs vous répond spontanément « là bas c’est bien contrairement à Dakar ». Cela est tout a fait normal dans la mesure où c’est cette image de l’UGB qui a été véhiculée par nos aînés et qui était parfaitement vraie. L’UGB fut toujours le contraire de l’UCAD tant du point de vue des politiques pédagogiques que sociales.
Cependant, aujourd’hui les étudiants de cette université rencontrent d’énormes difficultés.


DES PROBLEMES SOCIAUX…..

Les étudiants sanarois depuis maintenant quatre ans (2004) rencontrent toute sorte de problèmes sociaux qu’ils connaissaient que de nom. C’est depuis cette date que le problème de logement à commencer à se poser. L’orientation et l’obtention de chambre allaient de pairs jadis. Mais maintenant, parfois, il y’a des étudiants qui passent trois ans sans avoir leur clefs en mains. Et cela se justifie par le simple fait qu’il y’a trop d’étudiants orientés, alors que rien n’est pas fait pour augmenter les villages universitaires. Pour une université qui compte 5000 étudiants, il n’y a que 3043 lits (2097 pour les garçons et 946 pour les filles). Donc les anciens sont obligés d’héberger les nouveaux dans des conditions parfois difficiles. L’Etat, comme il est de coutume, n’a pas respecté son engagement vis-à-vis des sanarois. Depuis 2005, il peine à achever le bloc B pavillon M. Il s’y ajoute le problème de l’eau.

Cependant, le plus grand malaise social, c’est le problème de restauration. En ce début d’année, l’UGB n’a qu’un restaurent qui fonctionne. Ce qui a pour conséquences, des rangs interminables. Pour manger il faut perdre deux heures de temps sans compter le manque de qualité et de quantité des repas. Manger est devenu un luxe qu’on paye par le temps. Cette situation est indescriptible. A voir les rangs, on a comme l’impression d’être au Darfour ou en Somalie !
Ainsi, l’Etudiant qui revient au resto épuisé, est dans l’incapacité de travailler sérieusement sur ses cours et faire ses exercices. Ce qui lui porte un grand préjudice.
C’est là où le social a lien avec le pédagogique.


…AUX PROBLEMES PEDAGOGIQUES

L’UGB a été toujours (elle la demeure) une université d’Excellence (taux de réussite satisfaisant, un succès incomparables dans les prestigieux concours nationaux, intégration de ses produits dans des écoles et des laboratoires de recherche prestigieux) qui fait rêver tout jeune lycéen. Son avènement fut une résurrection pour l’enseignement public supérieur.

Cependant, la détérioration des conditions sociales risque de tout chambouler. En outre, même dans les Unités de Recherches et de Formation (UFR), la qualité commencer à faire défaut. L’UGB à une carence de professeurs agrégés, de rang magistral habilités à dispenser des cours. C’est pourquoi la majorité des cours sont dispensée par des docteurs ou même des doctorants en violation des textes. La réforme Licence Master Doctorat (LMD traduit par d’autres par Leegi ma Dax La) entamée à l’UFR Lettres et Sciences Humaines (LSH) a causé beaucoup de préjudices aux étudiants. Elle a entraîné la fin de carrière pour beaucoup d’entre eux. Les masters Professionnels qui sont mis en place sont très intéressants mais ils sont « privatisés ».
La bibliothèque universitaire certes regorgeant beaucoup de documents n’a pas encore commencé à fonctionner. Or, les cours ont démarré depuis le 20 octobre. S’y ajoute le manque de places. Les travaux d’agrandissement sont toujours en cours. Une situation qui va sans doute se répercuter au niveau des premiers devoirs.

A côtés de cela, il y’a les mouvements sociaux. Les différents acteurs rivalisent dans les grèves. L’UGB est devenue très instable. Les enseignants, les enseignés, le personnel administratif, tous réclament quelque chose de l’Etat. « L’Université ne doit rien à personne » avait clamé haut et fort le Recteur lors de sa conférence de presse du 07 novembre dernier.

Tous ces problèmes ont été favorisés par ce qu’on peut appeler un complot fomenté contre l’UGB par les plus hautes autorités de l’Etat. « Les ennemis de l’UGB sont Macky Sall, Adjibou Soumaré (les deux derniers PM) et Sourang » accuse un étudiant lors de l’assemblée générale du 13 novembre. Une accusation pas du tout gratuite dans la mesure où ce sont ces deux PM qui ont conditionné l’augmentation du budget de fonctionnement l’UGB avec l’augmentation des effectifs. Pourquoi vouloir augmenter les effectifs à tout prix ? Du point de vue technique, UGB ne peux pas absorber une grande importante d’étudiants. Les salles de cours sont très petites. Il n’ y a que trois amphithéâtres (2 de 250 places et 1 de 500 places).
En avril 2008, Pr. Pape Guèye, (CT2 du Ministre Sourang) suggérait à l’UGB de demander une augmentation de son budget de 3milliards et augmenter ses effectifs de 3000 étudiants.   Au même moment son CT2 M. Adama DIOP exprimait son désaccord pour la Création de L’UFR des Sciences de l’Education, de la Formation et du Sport (SEFS), l’équivalent de la FASTEF où parfois des étudiants de l’UGB sont refusés pour des raisons fallacieuses. Or, c’est le ministre même qui avait encouragé la naissance de cette UFR lorsqu’il recevait les membres de la coordination des étudiants de Saint Louis « parce que la FASTEF ne peut pas former tous les enseignants que le Sénégal a besoin ».

Même le chef du gouvernement ne rate pas notre université à entendre ses propos : « L’UGB dit qu’elle fait de la qualité, elle ne peut pas faire autrement puisqu’elle prend peu. D’ailleurs Dakar aussi fait de la qualité. Moi, je préfère une université instable qui prend beaucoup d’étudiants à une université stable et de qualité qui prend peu d’étudiants ».

Ces propos du Pm montre à tel point les autorités sont « préoccupés » du devenir de la formation du citoyen modèle. C’est tout à fait explicable dans la mesure où leurs fils ne sont jamais inscrits ni dans ces universités instables qui prennent beaucoup d’étudiants, ni dans ces universités stables et de qualité qui prennent peu d’étudiants  

Aujourd’hui, l’Etat veux pousser l’UGB vers une UCAD version saint louisienne. Rien ne l’empêche. Car la plus haute autorité de l’Université est nommée à l’issu du Conseil des Ministres et non élue par les instances universitaires. Et en plus l’UGB est sous la tutelle d’un ministère qu’occupe Pr. Sourang, qui il faut le rappeler fut enseignant, puis Doyen enfin Recteur de l’UCAD.
Si on arrive à ce stade, l’étudiant de Sanar souffrira plus que celui de Dakar. Car du point de vue géographique l’UGB est loin de la ville (environ 15km) or l’UCAD est au centre de Dakar, la capitale. Donc les opportunités (logement, nourriture, prise en charge familiale) qu’un étudiant de Dakar, celui de Sanar ne le peut pas. Senghor, a éloigné celui-ci de la grande ville, source de distraction et de tentation pour qu’il n’ait qu’un seul souci : étudier.

Malgré toutes ces difficultés, l’UGB doit fermement dans une quête constante de performance et à garantir la stabilité social en se souciant plus du cadre de vie de l’étudiant et de son destin. Si le Social est mis au mis au service de l’Excellence (comme c’est le devise du Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint Louis, CROUS), l’Excellence pourrait être mise facilement au service du Développement. N’est ce pas le devise de l’UGB ?

BARAK OBAMA OU SYMBOLE DES ETAS UNIS

NB: Cet article a été écrit 4 jours avant les élections présidentielles des Etats Unis. Il a été publié dans quelques journaux sénégalais.




Comme il est de coutume dans les démocraties modernes, les Etats-Unis s’apprêtent à élire leur President ce 04 novembre 2008. Cette élection n’intéresse pas seulement les américains mais toute la planète. Car le président des Etats-Unis est de facto le Président du monde qu’il dirige selon ses humeurs.


La particularité de cette élection est sans doute liée à la candidature d’un noir américain à la magistrature suprême. Ce qui est incroyable ! Car dans l’histoire récente les noirs n’avaient même pas le droit au vote surtout dans les pays du Sud. On leur interdisait même d’entrer dans des restaurants, des écoles, des parcs ou même de s’assoire dans des bus où on n’hésitait pas à mentionner « for whites only » (pour les blancs seulement).

Comment expliquer aujourd’hui la candidature d’un noir américain dans ce pays qui a vu naître et se développer le Ku Klux Klan, qui a assassiné l’auteur de I have I dream ?
On pourrait tenter d’expliquer cela par deux facteurs : le temps mais surtout la personne même du candidat qui nous intéresse ici le plus.

Ce qui fait le charme des Etats-Unis, c’est surtout la diversité culturelle de sa population (les Blancs : 46% ; les Afro-américains :15%; Hispaniques ou latino-américains : 30% (contre 15%) ; les Asiatiques 9% (contre 5%) [Source : wikipédia]. Or, ce qui fait aussi le charme du candidat démocrate, c’est sa diversité culturelle et ethnique. Lui-même a fait sa propre présentation dans ce fameux discours prononcé à Philadelphie le 18 mars 2008 :

« Je suis le fils d'un noir du Kenya et d'une blanche du Kansas. J’ai été élevé par un grand-père qui a survécu à la Dépression et qui s'est engagé dans l'armée de Patton pendant la deuxième Guerre Mondiale, et une grand-mère blanche qui était ouvrière à la chaîne dans une usine de bombardiers quand son mari était en Europe.

J’ai fréquenté les meilleures écoles d'Amérique et vécu dans un des pays les plus pauvres du monde. J’ai épousé une noire américaine qui porte en elle le sang des esclaves et de leurs maîtres, un héritage que nous avons transmis à nos deux chères filles.

J’ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux des oncles et des cousins, de toute race et de toute teinte, dispersés sur trois continents, et tant que je serai en vie, je n'oublierai jamais que mon histoire est inconcevable dans aucun autre pays ».

Partagé entre trois continents, le candidat démocrate est le symbole même des Etats-Unis en ce début de ce XXI ième siècle. Et heureusement les américains sont conscients de ce fait. C’est qui explique leur sympathie envers Obama qui s’est matérialisé par sa victoire lors des primaires face à une ancienne première dame, H. Clinton.

L’accession d’Obama à la magistrature suprême participera sera doute sur le plan international, à pacifier les foyers de tensions que Georges W. Bush a alimenté au Moyen Orient et contribuera sans doute à une refondation des relations entre les Etats-Unis et le monde arabe d’une part, et les Etats-Unis et l’Afrique, d’autre part. Et sur le plan interne, avec Obama Président, chaque américain va s’identifier à lui quelque soit son origine. Et cela va donner plus de garantie et d’espoirs aux minorités qui aucun obstacle pour vivre l’american dream.


Voter Obama est à mon avis le seul moyen que les américains puissent utiliser pour s’excuser de tous les maux (esclavage, ségrégation, discrimination, …) infligé aux minorités, aux noirs surtout. Maintenant la question est de savoir si les américains vont accepter le changement.

Wednesday, July 09, 2008

AGRESSION DE JOURNALISTES PAR LES FORCES DE L’ORDRE

« Une distinction classique oppose État de police et État de droit. Dans l'État de police, les règles protectrices des libertés ne s'imposent qu'aux personnes privées, alors que dans l'État de droit elles s'imposent aussi aux pouvoirs publics. Les libertés publiques ne peuvent donc se développer pleinement que dans un État de droit. [...]
L'État de droit est l'État qui, étant à la fois esclave et protecteur des libertés, tire sa légitimité de son aptitude à les développer, et à s'y soumettre. Pour que cette " mission-soumission " caractéristique de l'État de droit soit menée à bien, deux conditions doivent être réunies. Il faut d'une part que l'action des gouvernants soit enserrée dans une hiérarchie des normes, au sommet de laquelle figure la déclaration des droits, d'autre part que les juges soient suffisamment indépendants pour en sanctionner la méconnaissance ».
[1]

Cette citation du Professeur Lebreton Gilles qui est d’ailleurs un collègue du Professeur Abdoulaye Wade, tous agrégés de Droit, nous montre une nette distinction entre Etat de droit et Etat de police. Dans quel système institutionnel peut- on classer le Sénégal dirigé par cet homme « brillant, bardé de diplômes de maths, de philo, de psycho, d'économie, de droit... obtenus en France »[2]. ? A voir le profil de notre Président, cette question parait impertinente. Mais elle trouve toute sa pertinence à partir d’un certains nombre de faits concrets.

En effet deux journalistes sénégalais ont été sauvagement tabassés par des « forces de l’ordre » sénégalais au cœur de la capitale sénégalaise le samedi 21 juin 2008 lors du match Sénégal/Libéria. Ces journalistes n’ont ni violé une loi, ni troublé l’ordre public. Ils exerçaient simplement leur travail pour permettre au public de jouir du « droit à l’information plurielle » garanti par l’article 8 de la Constitution. Ce comportement barbare des forces de l’ordre sénégalais est en déphasage avec l’esprit du peuple souverain qui considère dans sa Constitution que « la construction nationale repose sur la liberté individuelle et le respect de la personne humaine, source de créativité » ; qui proclame que « le respect des libertés fondamentales et des droits des citoyens comme base de la société sénégalaise »[3].

Plus de deux semaines après cet acte odieux, c’est le silence total de la part des plus hautes autorités de la République.

En effet, dés son arrivée à l’aéroport, le dimanche le ministre de l’Intérieur M. Sy, a juste utiliser le mot « incident malheureux » pour qualifier cet acte, avant d’ajouter qu’une commission d’enquête sera mise sur pieds. Il s’est arrêté là. Nous saluons au moins l’effort qu’il a fait pour avoir sorti ces quelques mots de sa bouche.

Le ministre de l’Information, porte parole du Gouvernement s’est montré touché. Mais nous avons le sentiment que le ministre parle plutôt en son nom propre, mais pour le compte du Gouvernement. Car ce dernier ne semble pas partager ses sentiments. Les sorties fracassantes de M. Farba Senghor le démontre bien. Puisque M. Senghor est devenu le porte parole de fait du Gouvernement.

Le Premier ministre, chef du Gouvernement, ne s’est même pas prononcé sur la question. On peut lui pardonner ce comportement qui n’est pas certes louable. Mais juridiquement, il ne peut pas être condamné.

Cependant, le silence du Chef de l’Etat est inadmissible et intolérable. Dans tout les Etats modernes le Chef de l’Etat « élu par le Peuple » est « le gardien de la Constitution »[4]. Cela signifie que le Président de la République respecte non seulement la Constitution mais aussi vielle à ce qu’elle soit respectée. Or cette Constitution au terme de son article 9 dispose que « toute atteinte aux libertés et toute entrave volontaire à l’exercice d’une liberté sont punies par la loi ».
Mais dans cette affaire, le « Président de tous les sénégalais » s’est montré muet. Mais il se contente de voyager de pays en pays pour y rétablir la paix et la sécurité en conseillant à certains Présidents comme Mugabe de garantir la sécurité de leurs opposants et de leur peuple. Au même moment, dans son pays la sécurité de ses propres opposants et celle de simples citoyens sont menacées par ses hommes. Or, un tel acte s’il avait eu lieu au pays de Mugabe, il l’aurait condamné, ironise Jules Diop dans son émission Degg Degg du 01 juillet 2008 sur le site de seneweb.

C’est vraiment ridicule ! Mais heureusement ou malheureusement, le ridicule ne tue pas au Sénégal, comme aimait le rappeler Pape Alé dans ses revues de presse.

Nous faisons parti de ces citoyens sénégalais qui s’attendaient à ce que cette affaire soit évoquée en Conseil des ministres du 26 juin 2008 et que des sanctions sévères y soient prises. Mais grande fut notre déception à la lecture du Communiqué qui nous montre que l’affaire n’a même pas été évoquée. L’intervention du ministre de l’Information n’y est pas mentionnée[5]. Ce qui est inadmissible de la part d’une autorité investie de la confiance populaire et censée être là pour tous les citoyens quelque soit leur appartenance politique ou professionnelle. Une promesse d’enquête aurait au moins un peu soulagé. Mais cette fois ci, Wade n’a pas usé de son titre de « docteur ès Promesse » qui lui a été décerné par la journaliste Marie Laure Colson au lendemain de sa « victoire »[6].

Le Gouvernement et le Chef de l’Etat en se comportant ainsi ont une fois de plus monter aux citoyens sénégalais qu’ils ne sont pas égaux devant la loi et qu’au Sénégal, il y’a des sujets et des privilégiés de naissance, de personne, de famille et de parti politique. Ce qui est en contradiction avec les alinéas 4 et 5 de l’article 7 de la Constitution. L’exemple de Pape Cheick Fall, le correspondant de Futurs médias lui aussi sauvagement tabassé par les talibés de Béthio Thioune en est une parfaite illustration. Et pourtant ses agresseurs sont connus de tous, pas besoin d’enquête. Mais puisque c’est avec leur soutien que Wade comptait pour se réélire dés le premier tour, c’est le désintéressement total. Au même moment il condamnait et s’étaient décidé à aller jusqu’au bout dans la recherche des auteurs de l’assassinat de son militant Oumar L. Badji.
Quelle contradiction ! N’est ce pas c’est lui-même qui a gracié les assassins de Me Séye et a fait voter à son assemblée nationale une loi d’amnistie ?

Entre un assassinat, et une agression, la différence est de degrés mais pas nature.

Le Président Wade, qui aiment bien s’asseoir au côtés des Présidents des puissances étrangères, se glorifier d’avoir inscrit dans sa Constitution, des droits et libertés fondamentaux, doit bien regarder la pratique et le comportement de ces derniers dans leurs Etats en temps de paix comme en temps de crise nationale. Une chose est d’avoir une Constitution bien écrite, une autre chose est de l’appliquer comme il se doit.

Par coïncidence, l’agression de Kambel et Kara a eu lieu le même jour que celle d’un jeune juif de 17 ans en France.

« Le chef de l'Etat (français) et la ministre de l'Intérieur ont exprimé leur indignation et leur soutien à la victime et sa famille ainsi qu'à "la communauté juive". « De son côté, Rachida Dati, la Garde des Sceaux, a "condamné avec la plus grande fermeté la violente agression", dont "le jeune homme de confession juive" a été victime. Exprimant à "l'ensemble de la communauté juive sa compassion et sa vive sympathie", elle a demandé au Procureur de la République de "donner des instructions pour que les auteurs de cet acte inqualifiable" soient "poursuivis avec la plus grande rigueur". [7]

Et cette détermination des autorités françaises était très sincère. Car il a fallu seulement trois jours après l’agression pour que la justice française n’arrête, les cinq agresseurs présumés du jeune juif avant d’être déférés devant le juge.[8]

Et plus récemment dans l’affaire de la fusillade de Carcassonne due à une erreurs des soldats français (donc un fait qui est involontaire) le Président Sarkozy, avec tout le courage qu’on lui reconnaît a affirmé publiquement sur la Chaîne France 3 : «J'en suis resté accablé et j'ai demandé au ministre de la Défense de conduire une enquête extrêmement précise indépendamment de l'enquête judiciaire car il y a au minimum des problèmes d'encadrement».[9]
Cette position courageuse du Président Sarkozy a eu un effet direct : Le Chef d'état-major de l'armée de terre, le Général Bruno Cuche, lui a remis sa démission deux jours après la fusillade.
Ce Président là, qu’on l’aime ou qu’on le déteste, assume bien ses fonctions et respecte ses concitoyens.
Une belle leçon que la France vient de donner au Président de la République du Sénégal, au Gouvernement du Sénégal, à la Justice sénégalaise et à aux autorités policières sénégalaises. C’est exactement ce comportement responsable qu’on attendait d’eux. Pas autre chose.
Mais dans ce pays, on assiste de plus en plus à la banalisation de la violence et des atteintes aux droits et libertés fondamentaux. La Constitution n’est appliquée que quand cela arrange le
Prince et c’est lui qu’il revient la tâche de l’interpréter et de l’adapter à ses passions. L’affaire du fameux article 27 de la Constitution en est une parfaire illustration.

En définitive, face à tous ces faits concrets, dans système institutionnel peut on classer le Sénégal en se basant sur les définitions données par le Pr. Lebreton Gilles ?


Amadou Moctar DIALLO,
Etudiant en Sciences Juridiques et Politiques à l’Université Gaston Berger de Saint Louis
Lauréat du premier prix de Droit Constitutionnel et Institutions Politiques 2008
E-mail : adyallo@yahoo.fr

1, Lebreton Gilles, Libertés publiques et Droits de l'homme, Paris, Armand Colin, 1995, coll. « U », p. 24

[2] Journal Libération du 28 février 2008
[3] Préambule de la Constitution du Sénégal
[4] Article 42 de la Constitution
[5] http://www.gouv.sn/conseils_ministres/index.cfm
[6] Sénégal : Wade docteur ès promesse, Libération du 28 février 2008
[7] http://www.liberation.fr : dimanche 22 juin 2008).
[8] AFP, 24 Juin 2008
[9] L’Express du lundi 30 juin 2008